L'initiative du chaos
est nocive pour la Suisse
Le plafonnement arbitraire de la population proposé par l'UDC aurait des conséquences négatives très concrètes sur notre vie quotidienne, notre pouvoir d'achat, notre sécurité et les relations avec nos voisins européens
L'initiative du chaos prévoit de fixer un plafond d'habitants rigide pour la Suisse. Cette limite arbitraire sèmerait le chaos aux alentours de 2030 déjà. La Suisse deviendrait moins sûre, le pouvoir d'achat baisserait et la qualité d'approvisionnement dont nous bénéficions se dégraderait fortement.
L'initiative fermerait la porte aux travailleurs européens sans tenir compte des besoins de notre pays. Elle ignore totalement le vieillissement de la population. Si nous ne pouvons plus recruter de personnel soignant étranger, ni d’ouvriers agricoles, maçons, personnel de service, logisticiens, éboueurs et autres ingénieurs, cela entraverait le fonctionnement de la Suisse. Chacun en ressentira les conséquences dans sa vie quotidienne et dans son porte-monnaie, avec des services qui se dégradent ou disparaissent, des temps d’attente qui s’allongent et les prix de certaines prestations qui s’envolent.
Voulons-nous vraiment limiter notre qualité de vie et notre prospérité ?
En plus, l'initiative met volontairement en péril les accords bilatéraux existants avec l'Union européenne (UE). C'est irresponsable. Une crise avec nos voisins est la dernière chose dont nous avons besoin ! L’Europe reste de très loin notre plus important partenaire commercial, et aussi sécuritaire, grâce aux accords de Schengen/Dublin.
L'initiative ne résout aucun des défis actuels, mais crée toute une série de nouveaux problèmes et de risques. Dans le contexte international très incertain, la Suisse a plus que jamais besoin de conserver ses atouts : la stabilité, les partenariats, des règles fiables et le pragmatisme. Ce n’est pas le moment de tout jeter par-dessus bord en créant nous-mêmes de nouveaux problèmes ! NON à l'initiative du chaos.
Une bombe à retardement, qui explosera bientôt
L’initiative du chaos exige de prendre des mesures drastiques et contraires à nos accords avec l'Europe à partir de 9,5 millions d’habitants. C'est à dire demain, à partir du début des années 2030. Si la population atteint 10 millions le Conseil fédéral sera contraint de tout faire pour respecter le plafond fixé. Ces exigences, inscrites noir sur blanc dans le texte de l'initiative, impliqueront de prendre des mesures qui feront mal.
Des choix arbitraires qui feront beaucoup de perdants
L’initiative ne dit pas comment l’immigration devrait être gérée si elle est acceptée. Des contingents rigides sont très probables. Mais qui sera prioritaire ? D’une manière ou d’une autre, les choix qui devront être faits auront des répercussions dans tous les domaines de la vie, du prix des logements à la qualité des soins, en passant par les services à la population.
Le chaos, ce serait tout bientôt
Dès 2031, le chaos menace de s'installer dans tous les domaines de la vie quotidienne.
- Avec l'initiative, ce sera la bureaucratie de l'Etat qui décidera quelles entreprises peuvent embaucher quelles personnes et dans quelles régions. Ce ne sont plus les besoins qui primeront, mais l'administration avec ses contingents – année après année, secteur après secteur, canton après canton.
- Cela déclenchera inévitablement une concurrence néfaste entre les secteurs d’activités et les régions pour obtenir du personnel. A ce jeu-là, les PME et les branches générant des marges faibles, comme la restauration, la viticulture ou la construction, seront les premières perdantes. Sans compter toute la paperasse, les délais d’attente, les recours et les coûts.
- Avec ce texte, l'UDC détruit le marché du travail ouvert, fait encore plus grossir l'État et crée une nouvelle usine à gaz bureaucratique, dont les premières victimes sont les PME.
A qui donner la priorité?
Pour attribuer les rares permis de travail il faudra faire des choix difficiles. A qui donner la priorité ?
- Les grandes villes ou les régions périphériques ?
- Quel hôpital obtiendra les collaborateurs dont il a besoin, et où devra-t-on supprimer des lits ?
- L’agriculture ou les universités ?
- Les aides à domicile ou les spécialistes de la cybersécurité ?
- Les transports publics ou les chercheurs qui permettent à la Suisse de rester innovante ?
- L’installateur de panneaux solaires ou l’employé de l’hôtellerie-restauration ?
L'initiative ignore totalement le vieillissement de la population
L'initiative du chaos ne tient pas du compte du vieillissement accéléré de la population. Il y a chaque année 20'000 personnes qui quittent le marché du travail sans être remplacées, faute de jeunes pour prendre la relève. Ce déséquilibre s'accentuera encore car les baby-boomers commencent seulement à partir à la retraite.
Plafonner la population ne fera pas disparaître le vieillissement démographique ou les besoins en main-d’oeuvre. La Suisse aura toujours besoin de recruter des Européens pour compléter les forces de travail locales. L'initiative ne fera qu'accentuer les manques. Nous le paierons par une baisse de la qualité de vie, avec par exemple davantage d'attente pour se faire soigner, des délais pour réparer la voiture ou rénover l'appartement.
Chaos dans les hôpitaux, les EMS, les chantiers et la vie quotidienne
Fixer une limite arbitraire de population ne fera qu'aggraver des problèmes existants.
- Pas loin d'un tiers du personnel de santé vient de l'étranger. Et c'est même beaucoup plus dans les cantons romands. Les EMS, crèches, services d’aide et autres soins à domicile peinent aussi à recruter de la main-d’oeuvre locale. S’ils manquent de personnel, cela signifie une moins bonne prise en charge, des délais d’attente qui s’allongent et des traitements reportés.
- Fermer le robinet du personnel toucherait de très nombreux secteurs et entraînerait des conséquences négatives pour notre vie quotidienne. Moins de bras, cela signifie des retards, la disparition de certaines prestations, une production en baisse ou des hausses de prix. C'est une réalité que nous connaissons tous, mais que les auteurs de l'initiative minimisent ou nient carrément.
Autogoal complet en matière de sécurité
La coopération avec l'Europe est fondamentale pour notre sécurité. L'initiative prévoit de résilier la libre-circulation des personnes, ce qui ferait tomber les accords de Schengen/Dublin, qui y sont liés. La Suisse se retrouvera alors privée de coopération policière avec l’Europe, pourtant essentielle pour lutter contre la criminalité transfrontalière, l’immigration illégale, le crime organisé et le terrorisme.
- Les polices suisses perdront leur accès au système d’information Schengen (SIS), qu'elles consultent entre 300 et 350'000 fois par an. Sans cette base de données, nos polices sont aveugles.
- La Suisse deviendra un angle mort en matière de sécurité, qui agira comme un aimant et servira de base arrière pour les criminels recherchés dans toute l’Europe.
Explosion du nombre de demandes d'asile
Les accords de Schengen/Dublin empêchent les plus de 300'000* migrants déboutés chaque année dans l’UE de déposer une nouvelle demande d’asile en Suisse. Renoncer à ces accords, c’est provoquer le chaos.
- Entre le Cap Nord et Malte, le Portugal et la Grèce, la Suisse deviendrait le seul point de chute en Europe pour les passeurs sans scrupules et les requérants déboutés, qui pourraient dorénavant venir déposer une nouvelle demande dans notre pays.
- De plus, les renvois deviendraient impossibles, sachant qu’actuellement, la Suisse renvoie deux fois plus de requérants vers les États Dublin qu’elle n’en accepte. Notre système d’asile se retrouverait totalement submergé, de même que les communes et les cantons qui devraient gérer cet afflux incontrôlé. Un comble pour une initiative qui prétend « reprendre le contrôle de l’immigration » !
La liberté de voyager appartiendrait au passé
Renoncer à la libre circulation des personnes avec l’Europe aurait des conséquences directes à la frontière : la multiplication des contrôles provoquerait des temps d’attente et des embouteillages encore plus massifs. Les régions frontalières seraient les premières victimes. D'autres effets néfastes se manifesteraient.
- Voyager deviendrait plus compliqué pour les Suisses comme pour les visiteurs étrangers. Les files d'attente interminables redeviendraient la norme. Un accès plus difficile ferait souffrir le tourisme et notre pays perdrait de son attrait.
- Dans le domaine aérien, il y aurait certainement des restrictions des droits de trafic, une diminution des liaisons directes et une augmentation des prix des billets, en raison d'une baisse de la concurrence et de la coopération.
Des frontières ouvertes et qui fonctionnent ne sont pas un simple « plus », mais un avantage important pour les entreprises, l'emploi et les loisirs.
Menace pour l’AVS et les retraites
L'AVS ne fonctionne que si un nombre suffisant de personnes actives cotisent. Le vieillissement de la population accroît fortement les dépenses de cette assurance. Un plafond démographique rigide freinerait non seulement le développement économique et l'emploi, et donc les recettes de l'AVS, mais dégraderait aussi le rapport entre les cotisants et les retraités.
- La situation est déjà suffisamment tendue aujourd’hui. La dégrader ne ferait qu'augmenter la pression pour prélever davantage de cotisations sur les salaires, consacrer toujours plus de recettes fiscales à l'AVS ou pour augmenter l'âge de la retraite.
- Sommes-nous vraiment prêts à travailler plus longtemps et à toucher moins ? C'est le risque que l'initiative fait courir à l'AVS, car elle ne ferait qu'accroître les problèmes existants.
Voie bilatérale mise en péril : menace pour la prospérité, l'emploi et la recherche
La voie bilatérale avec l'Europe a fait ses preuves ces 25 dernières années : elle a boosté les entreprises, l'emploi et les recettes fiscales. L'initiative de l'UDC la met en péril. Ce n’est vraiment pas le moment de rajouter du chaos au chaos du monde !
- La voie bilatérale a été crée sur mesure pour régler les relations entre la Suisse et l'Europe. Elle joue un rôle essentiel pour les entreprises de toute taille car elle leur assure un accès facilité à leur marché numéro un: l'Europe (trois fois plus d'exportations que vers les USA.)
- L'initiative du chaos vise à résilier la libre circulation des personnes, ce qui ferait tomber automatiquement le premier paquet d'accords bilatéraux avec l'Europe.
- Saborder nos relations avec l’UE est irresponsable, surtout dans le contexte géopolitique actuel. La Suisse a plus que jamais besoin de partenaires fiables et de relations stables avec ses voisins, alors que la Russie mène la guerre aux portes de l’Europe, que les États-Unis sabordent le commerce mondial et que le Moyen-Orient est à feu et à sang.
- Nos entreprises n'ont pas besoin de davantage d'incertitudes, mais de relations stables avec l’UE pour investir et maintenir les emplois en Suisse. Nos hautes écoles et la recherche ont, elles aussi, besoin de pouvoir collaborer au niveau européen, sans risquer d’être à nouveau isolées.